Physique et métaphysique : Aristote critique de Platon

  • Cours (CM) 24h
  • Cours intégrés (CI) -
  • Travaux dirigés (TD) 24h
  • Travaux pratiques (TP) -
  • Travail étudiant (TE) 90h

Langue de l'enseignement : Français

Description du contenu de l'enseignement

À partir d’une lecture précise du Phèdre lors de laquelle nous travaillerons la question platonicienne de l’éros, nous remonterons de la beauté sensible vers la beauté intelligible comme se propose de le faire Plotin dans son premier Traité, intitulé Sur le Beau. Selon ce dernier, qui commente longuement les images qu’emploie le Phèdre pour dire l’amour et cet effort de l’âme qui veut remonter vers la beauté véritable, la tension de l’âme ainsi décrite devra la conduire à un travail de sculpture de soi dans lequel il s’agira avant tout d’ôter tout le superflu et de se faire à l’image de l’Un. Ainsi, l’originalité de Plotin consiste-t-elle à donner un sens fort au texte de la République selon lequel le Bien est au-delà de l’essence (¿p¿¿e¿¿a t¿¿ ¿¿s¿a¿ – 509b). Il y a, dans la philosophie plotinienne, trois niveaux de réalité : celui de l’Âme, celui de l’Intellect (composé de ces êtres intelligibles que sont les Formes), enfin celui de l’Un ou du Bien qui produit tout le reste en vertu de sa surabondance.
L’ambition de ce cours consistera à donner aux étudiants une vision d’ensemble de ce que Porphyre nommait les Énnéades en classant les œuvres de son maître. La vérité nous est connue selon Plotin, puisque Platon l’a énoncée. Ce qu’il nous reste à faire, c’est alors seulement de commenter et d’interpréter les Dialogues. Plotin est toutefois loin d’être aussi fidèle à Platon qu’il le prétend puisque les Énnéades interrogent essentiellement deux opérations : la production ou l’émanation à partir du premier principe (l’Un) et l’opération de conversion de l’âme qui cherche à retourner vers lui. Sa philosophie est donc essentiellement métaphysique et elle occultera ainsi complètement la question de la politique, pourtant cruciale dans les Dialogues platoniciens. Nous nous attarderons également sur la manière dont Plotin conçoi t une divinité présente en chacun de nous et partout ainsi que sur la façon dont il rattache le temps à la vie de l’âme en l’intériorisant, interprétant ainsi une phrase du Timée de Platon selon laquelle « le temps est une image de l'éternité » (37a).
Enfin, s’il se réfère toujours prioritairement à Platon, on ne saurait taire l’importance de l’influence qu’auront sur Plotin les stoïciens, les épicuriens, les gnostiques, mais encore Aristote. Depuis l’Antiquité tardive (3ème siècle après J.-C.), la philosophie plotinienne nous offre ainsi une remarquable tentative de synthèse de la philosophie grecque tout en témoignant d’une originalité propre en posant une divinité sans volonté ni conscience comme premier principe. Par souci de donner aux étudiants une véritable compréhension d’une difficulté majeure à laquelle s’est confrontée la philosophie ancienne, nous interrogerons alors longuement la question de la participation chez Platon, mais encore la critique aristotélicienne de cette hypothèse et finalement la manière dont Plotin pense la parfaire. À cette fin, il sera nécessaire de lire de près le Phédon et le Timée de Platon ainsi que le livre A de la Métaphysique d’Aristote.

Bibliographie
Textes fondamentaux que les étudiants doivent amener en cours pour travailler :
– Platon, Phèdre, Édition des Belles lettres, Tome IV – 3ème partie. Édition à privilégier pour les étudiants (même débutants) qui font du grec ancien ;
ou Phèdre, traduit par L. Mouze, Le livre de Poche, 2007.
– Platon, Phédon, Édition des Belles lettres, Tome IV – 1ère partie ;
ou Phédon, traduit par M. Dixsaut, Flammarion, 1991.
– Platon, Timée, Édition des Belles lettres, Tome X ;
ou Timée, traduction par L. Brisson, Flammarion, 2001.
– Aristote, Métaphysique, Flammarion, traduit par M.-P. Duminil et A. Jaulin, Paris, 2008. La maîtrise du livre A sera exigée.
– Plotin, Traités 1 à 21, regroupés dans les deux premiers volumes de l'édition Flammarion (traduits sous la direction de L. Brisson et J.-F. Pradeau). La lecture de ces deux volumes (constituants un gros tiers du corpus plotinien qui se compose de 54 Traités) donnera aux étudiants une vision assez générale de l’œuvre, dont l’écriture circulaire imite le mouvement de l’âme qui cherche à revenir à elle-même. La maîtrise des 6 premiers Traités sera exigée.

Littérature secondaire (en introduction à la lecture des Énnéades) :
P. Hadot, Plotin ou la simplicité du regard, Gallimard, 1997.
D. O’Meara, Plotin, Une introduction aux Ennéades, Éditions du Cerf, 2004 (2ème édition).
 

Bibliographie, lectures recommandées

Bibliographie initiale (complétée en début de semestre) :
Platon
Phédon, introduction, traduction et notes par Monique Dixsaut, Paris : GF Flammarion, 1991.
République, V-VII, traduction par Léon Robin, Paris : Gallimard, 1950 ; ou introduction, traduction et notes par Georges Leroux, Paris : GF-Flammarion, 2002.
Timée, introduction, traduction et notes par Luc Brisson, Paris : GF Flammarion, 5e éd. 2001.
Aristote
– Physique, introduction, traduction et notes par Annick Stevens, Paris : J. Vrin, 2012 (traduction très fluide) ; ou Physique, présentation, traduction et notes par Pierre Pellegrin, Paris : GF Flammarion, 2000 (traduction plus technique ; notes abondantes, à consulter).
Métaphysique, trad. J. Tricot, Vrin, 1966.
De l'âme, trad. J Tricot, Vrin, 1965.
Parties des animaux, trad. P. Louis, Les belles Lettres, 1957.

NB : on ne fera pas de distinction entre séances de TD et séances de CM ; les travaux dirigés sur textes se feront au rythme imposé par le développement du cours.
 

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