Histoire de la philosophie : période contemporaine

  • Cours (CM) 24h
  • Cours intégrés (CI) -
  • Travaux dirigés (TD) 24h
  • Travaux pratiques (TP) -
  • Travail étudiant (TE) 90h

Langue de l'enseignement : Français

Description du contenu de l'enseignement

Théories critiques de la société moderne
(Horkheimer, Adorno, Marcuse)

Ce cours se donne pour objectif de retracer le cheminement du projet d’élaborer une théorie critique de la société qui vise à l’émancipation de la domination. La réalisation de ce projet qui entendait orienter philosophiquement les recherches en sciences sociales a donné lieu au cours du xxe siècle à plusieurs formulations de la Théorie critique depuis sa conception première par Max Horkheimer au début des années 1930. L’axe choisi pour interroger l’unité controversée des différentes théories critiques consiste à déterminer la place de la psychanalyse dans la construction théorique générale et, en particulier, à préciser le rôle joué par la pulsion de mort dans le dispositif de domination. Dès la fondation de l’Institut des sciences sociales à Francfort en 1931 par Horkheimer, son souci d’articuler l’approche théorique de la philosophie sociale aux résultats des recherches empiriques se traduit concrètement par la constitution d’une psychologie sociale qui assure la médiation entre la vie économique de la société et les sphères culturelles de l’esprit : sans nier le déterminisme économique, il s’agit de contredire l’unilatéralité de l’économisme marxiste en dépassant ainsi la dichotomie entre économie et culture, entre être et pensée. Dans « Histoire et psychologie » (1932), Horkheimer éclaire ainsi le moteur pulsionnel de l’aliénation à partir de la psychanalyse freudienne en se fondant sur E. Fromm qui écarte au préalable la notion de pulsion de mort : cela lui permet de donner corps à la perspective de l’émancipation en émettant l’hypothèse que la transformation psychique des mentalités permette à l’avenir d’inverser la primauté de l’économie sur la culture. Au contraire, Adorno, dans un article de 1951 intitulé « La théorie freudienne et le modèle de la propagande fascist e », fait intervenir la pulsion de mort dans sa compréhension du fascisme comme d’une « rébellion contre la civilisation » provenant de la « reproduction de l’archaïque dans et par la civilisation ». De son côté, Marcuse, dans Eros et civilisation (1955), envisagera l’émancipation vers une société non-répressive sous la figure d’une soumission de la pulsion de mort à Eros.
L’étude de Horkheimer se fera à la fois dans le CM de M. Fischbach et le TD de M. Ferrié, tandis qu’Adorno sera ensuite traité dans le CM de F. Fischbach et Marcuse dans le TD de C. Ferrié.
 

Bibliographie, lectures recommandées

Bibliographie :
Horkheimer M., Théorie critique, Payot, 2009.
Horkheimer M., Théorie traditionnelle et théorie critique, Gallimard, 1974.
Horkheimer M., Eclipse de la raison, Payot, 1974.
Adorno T.W., Société : Intégration, désintégration, Payot, 2011.
Adorno T.W.., Le Conflit des sociologies, Payot, 2016.
Marcuse H., Eros et civilisation, Minuit, 1963.

Abensour M., « La Théorie critique : une pensée de l’Exil ? », Archives de philosophie, avril-juin 1982, t.5.
Raulet G., « La Théorie critique de l’Ecole de Francfort », Dictionnaire Marx contemporain, PUF, 2001.
Assoun P.-L. & Raulet G., Marxisme et Théorie critique, Payot, 1978.
Wiggershaus R., L’Ecole de Francfort, PUF, 1993.

Horkheimer M., Gesammelte Schriften, Fischer, t. 3-5.
Adorno T.W.., Soziologische Schriften I, Suhrkamp, 2003.
Marcuse H., Eros and civilization (1955).
 

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