CM Éthique et politique
Licence PhilosophieParcours Philosophie
Description
L’ombre du travailleur : la perception artistique de la révolution industrielle et ses enjeux philosophiques
« Avilir le travail est un sacrilège, exactement au sens où fouler aux pieds une hostie est un sacrilège. » Par ces mots, écrits à la fin de sa vie, Simone Weil nous engageait à reconnaitre au travail une part sacrée, dont la perception nous rendrait plus à même de résister à l’organisation industrielle de la production qui lui porte atteinte. Mais comment pourrions-nous percevoir la part sacrée du travail aujourd’hui encore, si celle-ci a d’ores et déjà été détruite par le machinisme et les chaînes d’assemblages fordiennes ? Ce cours se propose de ressusciter une telle perception, mais aussi d’en suivre la perte, en scrutant attentivement des peintures qui, d’un bout à l’autre de la révolution industrielle du second dix-neuvième siècle, situent la représentation du travail dans un horizon religieux d’abord fragilisé, puis complètement subverti. L’étude précise des œuvres, iconiques ou moins connues, de Jean-François Millet, d’Adoplh Menzel, de Constantin Meunier, de Cécile Douard, de Claude Monet, d’Edgar Degas, et de Gustave Caillebotte, nous permettra de les croiser non seulement avec la philosophie mystique de Simone Weil, mais aussi avec d’autres grandes philosophies du travail, comme celles de Marx, de Hegel, ou encore de Nietzsche.
Bibliographie
Bibliographie
Marx Karl, Manuscrits de 1844, Les éditions sociales, 1972.
Morris William, L’art en ploutocratie, La république des lettres, 2012.
Orwell Georges, Le quai Wigan, éditions Ivrea, 1995.
Peguy Charles, L’argent, éditions des Equateurs, 2008.
Weil Simone, La personne et le sacré, Payot et Rivages, 2017.
Weil Simone, Conditions premières d’un travail non servile, Editions de L’Herne, 2014.