TD Lecture de textes philosophiques
Licence PhilosophieParcours Philosophie
Description
Argumentaire commun :
L’objectif de ce cours sera de vous former à la lecture proprement philosophique d’un texte : vous serez pour cela divisé.e.s en petits groupes afin que chacun.e puisse participer activement au déroulement du cours. Nous verrons que l’analyse d’un texte philosophique repose sur un aller-retour entre une interprétation générale (aussi bien historique que philosophique) de l’œuvre, et un travail plus technique et approfondi d’analyse de la structure du texte et de ses éléments (arguments, concepts, exemples, etc.). Les éléments de bibliographie indiquent, pour chaque groupe, l’œuvre à se procurer impérativement dès le début du semestre.
Groupe 1 :
Nous lirons ensemble de près les Trois discours sur la condition des Grands de Pascal, ainsi que certaines Pensées choisies. L’objectif sera de se familiariser avec deux styles d’écriture (le discours, le fragment), qui appellent une lecture et une méthode d’étude philosophiques bien particulières, tout en s’immergeant dans quelques grands thèmes de la pensée pascalienne. Seront ainsi abordées la contingence des conditions, la relativité de la justice, l’insubstantialité du sujet, ou encore la puissance de l’imagination. Le cours fera également droit à quelques lectures plus contemporaines (comme celle de Bourdieu) qui ouvriront matière à discussion sur la pensée politique de Pascal.
Il vous est demandé d'acheter les Trois discours sur la condition des Grands dans la collection Folioplus philosophie (dossier et notes réalisés par Katia Genel, 2006). Pour pouvoir lire Pascal de manière continue, il est bon de se procurer les Pensées (dans l’édition de Michel Le Guern, Folio classique, 2004). Une bibliographie secondaire sera distribuée au premier cours.
Groupe 2 :
Notre TD sera consacré à la lecture suivie des Fondements de la métaphysique des moeurs (1785), qui consistent en une introduction à la philosophie morale de Kant. Qu’est-ce qu’une « métaphysique des moeurs », et surtout, pourquoi est-elle nécessaire ? Pourquoi être digne du bonheur revient-il à être moral ? Comment peut-on alors déterminer nos maximes morales, et pourquoi doivent-elles prendre la forme de loi ? Dans quelle mesure cette obligation morale nous permet-elle alors d’être autonomes ?
La traduction avec laquelle nous travaillerons est celle d’A. Renaut, qui a pour avantages d’être la plus fidèle au texte allemand, la plus claire et la moins chère : si besoin, vous la trouverez également très facilement en bibliothèque. Il faudra vous la procurer pour la rentrée.
Trois remarques à ce sujet :
1) Attention à vous procurer le bon ouvrage : il y a en effet deux tomes de la Métaphysique des moeurs ; les Fondements, comme leur nom l’indique, se trouvent dans le premier, et non le second.
2) Ce premier tome comporte également l’Introduction à la métaphysique des moeurs. Vous pouvez la lire si vous en avez le temps et l’envie, mais ce n’est pas impératif ; nous ne l’évoquerons que brièvement, et elle ne fera pas l’objet d’une évaluation.
3) Il faudra que les Fondements aient été au moins parcourus d’ici la première séance. Ne vous inquiétez si tout n’est pas clair à la première lecture : nous l’éclairerons au fur et à mesure du semestre.
Indication bibliographique
KANT Emmanuel, Métaphysique des moeursI (Fondation et Introduction), Paris, Flammarion, coll. GF, trad. Alain Renaut.
Groupe 3 :
Ce groupe d’étude portera sur les chapitres 13 à 17 du Léviathan de Hobbes. Tout commence dans une expérience de pensée : l’état de nature. C’est un état où la condition humaine y est « misérable, solitaire, brutale & courte » ; la cause en est que c’est un état de guerre de chacun contre chacun. Hobbes se demande comment les hommes peuvent sortir de cet état de nature alors qu’ils sont marqués par la méfiance et l’insécurité. À quelles conditions peut-on commencer à se faire confiance là où il n’y a que méfiance, chercher la paix là où il n’y a qu’une volonté de se nuire les uns les autres ? Toutes les conditions pour un pacte initial pour la paix et la sécurité semblent absentes et il y a pourtant une impérieuse nécessité de le conclure. Ce pacte de paix ne peut être conclu qu'au prix d'un renoncement des hommes à leur liberté naturelle au profit d'un pouvoir fort. Mais quelle est la limite de ce dernier ? Jusqu'où peut-il étendre sa domination aux hommes ?
Si ce texte peut sembler très classique, car il est la matrice de l'État moderne, il suppose une appropriation de certains concepts dont il fait un usage singulier.
Bibliographie
HOBBES Thomas, Léviathan: Chapitres X-XVIII et XXI, éd. P. Crignon, trad. F. Tricaud, Paris, GF-Flammarion, 2017.
Compétences visées
Être capable de distinguer un texte philosophique d'un texte à visée informative, littéraire, apologétique ou autre.
Être capable d'identifier la structure d'un texte philosophique, son thème, ses enjeux.
Être capable d'identifier et définir les termes philosophiques.
Être capable de produire et/ou de justifier une interprétation