CM Éthique et politique
Licence PhilosophieParcours Philosophie
Description
Le changement social
Il paraîtrait sans doute absurde de soutenir que les sociétés d’aujourd’hui ne changent en aucune façon, dans leurs petits éléments comme dans les grands ensembles dont elles se composent et dans les structures qui les définissent. Mais comment et pourquoi une société change-t-elle à ces différents niveaux ? Ce changement doit-il nécessairement être continu et progressif, ou bien peut-il se produire de façon discontinue ou rapide sans mettre en question l’existence même de cette société ? Et peut-on espérer avoir une véritablement prise sur l’orientation de ces changements, ou bien est-on condamnés à les constater pour tenter d’y adapter nos aspirations et notre mode de vie ? Ces questions, qui nous conduisent à l’articulation de nombreux champs disciplinaires (philosophie, sociologie, psychologie sociale, histoire, sciences politique, droit), orienteront notre travail tout au long du semestre.
Le cours cherchera à réfléchir sur les différents rythmes et modalités du changement social ainsi que sur les catégories conceptuelles que nous mobilisons pour essayer de l’appréhender. Il s’agira de comprendre comment ces catégories, telles qu’elles sont employées dans les sciences humaines et sociales ou dans le discours public, contribuent à définir les termes du débat moral et politique sur la portée et la valeur de ce changement social ainsi que sur la façon dont il convient de l’orienter (que l’on voie en lui un déclin ou un progrès, un danger ou une opportunité).
Après une introduction générale exposant les enjeux d’une réflexion sur le changement social et sur les instruments de sa gestion institutionnelle (en particulier étatique), nous étudierons plusieurs facteurs majeurs du changement social ou de sa canalisation (idées, habitudes, droit, institutions, économie, technique), puis quelques grandes catégories utilisées pour penser le changement social soit sous l’angle de sa discontinuité (événement, crise, révolution), soit sous l’angle de sa continuité (réforme, transition).
Compétences visées
Au terme de cette formation, l’étudiant est capable de mobiliser les outils conceptuels et théoriques pour se questionner sur des situations et des problématiques qui concernent l’existence individuelle et la vie des sociétés.
Bibliographie
Bibliographie
Braudel Fernand, « Histoire et Sciences sociales : La longue durée », Annales, 1958, p. 725-753.
Comte Auguste, Leçons de sociologie, Paris, Garnier-Flammarion, 1995.
Durkhiem Émile, Règles de la méthode sociologique (1895), Paris, PUF, 2026.
Gurvitch Georges, Traité de sociologie, Paris, PUF, 1958.
Gurvitch Georges, « Continuité et discontinuité en histoire et en sociologie », Annales, 1957, p. 73-83.
Hartog François, Régime d’historicité. Présentisme et expériences, Paris, Le Seuil, 2014.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich, Principes de la philosophie du droit, trad. J.-F. Kervégan, Paris, Puf, 2013.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich, Phénoménologie de l’esprit, trad. J.-P. Lefebvre, Paris, Garnier-Flammarion, 2012.
Koselleck Reinhardt, « Crise », Tracés. Revue de sciences humaines, 2023, n° 44, p. 143-182.
Marx Karl, ENGELS Friedrich, Le Manifeste du parti communiste, trad. G. Cornillet, Paris, Les éditions sociales, 2023.
Marx Karl, Contribution à la critique de l’économie politique, trad. J. Quétier, G. Fondu, Paris, Les éditions sociales, GEME, 2014.
Montesquieu, De l’esprit des lois, Paris, Flammarion, 1979.
Polanyi Karl, La Grande transformation (1944), trad. M. Angeno, C. Malamoud, Gallimard, 1983 .
Rousseau Émile, Du contrat social, Paris, Garnier-Flammarion, 2025.
Weil Simone, Écrits historiques et politiques (1934-1937), Paris, Gallimard, 1991.