Module Histoire de la Philosophie

  • Cours (CM) 24h
  • Cours intégrés (CI) -
  • Travaux dirigés (TD) 24h
  • Travaux pratiques (TP) -
  • Travail étudiant (TE) 102h

Langue de l'enseignement : Français

Description du contenu de l'enseignement

Le rapport entre vertu et bonheur — l'éthique de Platon et d'Aristote

La sentence delphique qui nous enjoint de nous connaître nous-mêmes, et dont Nietzsche écrira qu'elle nous fait entrer dans l'époque morale de l'humanité, est devenue comme l'âme de notre civilisation. Selon le Socrate de Platon, la connaissance de soi serait ainsi le commencement de l'éthique, puisqu'il s'agit tout d'abord de connaître le sujet humain afin de savoir ce qui lui revient et quelles actions lui incombent. De ce point de vue, le philosophe paraît d’abord fidèle à la sagesse traditionnelle grecque pour laquelle le « Connais-toi toi-même » est une formule équivalente au « Rien de trop », et selon laquelle cet impératif qui s'adresse à tout un chacun ne vise guère l'introspection mais avant tout le fait de prendre notre propre mesure, la mesure de l'humain, et de ne pas se prendre pour un dieu. Mais à l'encontre de cette sagesse populaire, nous verrons que la prise en compte véritable de cet impératif delphique est toutefois susceptible de nous apparenter au divin, ce qui constitue le but de l’éthique platonicienne et le moyen par lequel l’homme sera véritablement susceptible d’accéder au bonheur.
De l’avis d’Aristote, le bonheur est universellement désiré. Le désaccord entre les hommes porte alors sur la meilleure façon d’atteindre ce bonheur. Ce désaccord est symptomatique d’une question qui va animer l’ensemble de la philosophie antique : celle de l’existence la meilleure. Ainsi, avant la figure du sage stoïcien et celle du philosophe qui nous conseille sur la manière dont il faut vivre, Socrate s’interrogeait déjà sur ce qui faisait qu’une vie humaine pouvait être réussie aussi bien que ratée. Platon et Aristote après lui font alors de la vertu non pas simplement un moyen privilégié de l’accession au bonheur mais une condition nécessaire du bonheur véritable. Nous interrogerons donc précisément ces concepts fondamenta ux de la philosophie antique que sont l’aretè (la « vertu » ou l’« excellence ») et l’eudamonia (le « bonheur ») ainsi que leur articulation dans les textes majeurs de Platon et Aristote.
À partir d’une introduction générale portant sur la connaissance de soi, le cours conduira alors les étudiants à une connaissance d’ensemble de la République de Platon et de l’Éthique à Nicomaque d’Aristote, dont la lecture est indispensable, et dont la maîtrise sera exigée. Les TD porteront sur des extraits de ces deux œuvres (à acquérir impérativement dans les éditions indiquées ci-dessous ; les étudiants qui n'auront pas ces traductions ne pourront pas travailler correctement en TD).

Bibliographie, lectures recommandées

Bibliographie :
Platon :
- République, trad. G. Leroux, GF-Flammarion, 2002 (traduction utilisée dans les TD) (à lire de manière approfondie et à maîtriser).
- Alcibiade, trad. C. Marbœuf et J.-F. Pradeau, GF-Flammarion, 2000 (à lire en introduction).

Aristote :
- Éthique à Nicomaque, trad. J. Tricot, Vrin, 1972 (réimprimé depuis) (traduction utilisée dans les TD) (à lire de manière approfondie et à maîtriser avec un soin particulier pour les livres I, II, III, VI, VIII, X).

Littérature secondaire (non obligatoire mais utile à l’approfondissement des auteurs) :
Sur Platon :
- Léon Robin, Platon, Paris, Quadrige/Puf, 1935.
- Létitia Mouze, Platon, Une philosophie de l’éducation, Ellipses, 2016.
- Monique Dixsaut, Platon, Paris, Vrin, 2012.

Sur Aristote :
- Anne Merker, Aristote, Une philosophie pour la vie, Ellipses, 2017.
- Micher Crubellier et Pierre Pellegrin, Aristote, Le philosophe et les savoirs, Folio Essais, 2002.

Sur Platon et Aristote :
- Anne Merker, Une morale pour les mortels, Paris, Les Belles Lettres, 2011.

Contact

Faculté de Philosophie

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Nicolas Querini


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